jeudi 22 janvier 2009

Jean-Christophe Benoist : "Tout était réglé à la fin du match"

Depuis ce fameux soir du 20 janvier, beaucoup de choses se sont dites. Beaucoup d'encre a coulé. Dans les différents médias et sur Internet, les points de vue se sont exprimés avec pour Rouen, Alain Vogin, entraîneur, Eric Doucet, capitaine, Olivier Bouchard, attaquant et pour Grenoble, Jean-Luc Blache, président, Patrick Rolland, entraîneur-adjoint, Eddy Ferhi, gardien, Johan Forsander, attaquant et Baptiste Amar, capitaine. Curieusement, alors que l'arbitrage attirait sur lui les foudres normandes, aucun média n'a donné la parole aux principaux intéressés, à savoir les arbitres. Glace Info publie l'interview de Jean-Christophe Benoist, superviseur et directeur technique de l'arbitrage, réalisée par téléphone ce jeudi après-midi.

Glace Info : comment avez-vous eu connaissance des griefs qui sont reprochés par le club de Rouen à l'arbitrage ?

Jean-Christophe Benoist :
Guy Fournier m'a appelé mercredi matin pour m'en faire part. Je l'ai écouté de façon neutre. Je n'ai pas vu le match. Je lui ai donc demandé de m'envoyer tous les éléments nécessaires afin d'examiner les quatre erreurs qui, d'après le club, ont été commises lors de la rencontre, et de pouvoir faire mes investigations auprès des arbitres qui ne m'ont pas appelé à la fin de la rencontre pour me signaler d'éventuels dysfonctionnements. J'ai ensuite téléphoné à Bruno Colleoni ainsi qu'aux juges de ligne. Après, j'ai reçu un coup de fil de Patrick Rolland, entraîneur-adjoint de Grenoble. Je lui ai également demandé à son tour de me faire parvenir toutes les images concernant les séquences de jeu pendant lesquelles les quatre erreurs auraient été commises. Aujourd'hui, nous sommes jeudi et je n'ai reçu que les images de Grenoble. J'ai envoyé ce matin par mail avec accusé de réception les séquences et les arrêts sur image au club de Rouen. Je n'ai pas eu aucun retour. Il n'y a pas eu de réclamation du club de Rouen.

G. I. : vous avez donc visionné les images tournées par Grenoble qui vous les a communiquées également sous forme d'arrêts sur image avec un système de zoom. Quelles conclusions en tirez-vous ?

J-C. B. : Mon sentiment général est qu'il y a une montée en puissance de l'affaire par le club de Rouen qui est due à une très grande frustration.
Je comprends dans une certaine mesure la déception et la frustration qu'ont pu ressentir Alain Vogin et ses joueurs. Mais il ne faut pas que cela prenne de telles proportions. Rouen n'a pas perdu à cause de l'arbitrage. Après avoir regardé les images, j'en conclus qu'il n'y a rien de majeur qui puisse remettre en question la victoire de Grenoble. Aucune faute technique n'a été commise. Par rapport au match, je remercie vivement Alain Vogin d'être monté sur la glace et d'avoir calmé ses joueurs. Sa conduite a été exemplaire.

G. I. : reprenons une par une les erreurs soulevées par Rouen et expliquez-nous pourquoi, selon vous, elles n'en sont pas. Sur l'attitude du juge de ligne qui signale une pénalité à l'encontre d'Olivier Bouchard ?

J-C. B. : Alain Vogin dit que ce n'est pas dans les attributions du juge de ligne de le signaler à l'arbitre principal. On est d'accord. Sauf que ça fait trois fois que Bouchard se téléscope avec Rouleau et que Bruno Colleoni décide de le prendre en compte. Il a fait son choix à ce moment du match. Il donne une prison à un joueur. Il ne donne pas un but ni à Rouen ni à Grenoble. A ce moment-là du match, cela ne fait que 2-1 pour Rouen.

G. I. : que voyez-vous sur la vidéo concernant le but inscrit du casque en tête plongeante par Masa, selon Rouen ?

J-C. B. : J'ai reçu de Grenoble les photos faites à partir d'arrêt sur images. Patrick Rolland a fait un zoom sur Martin Masa avec une loupe. Le but est parfaitement valable. Pourquoi ? Parce que Masa, collé par Glad, tombe en arrière, dos au but et ne plonge absolument pas tête en avant. Il ne le peut pas. Le palet est bloqué entre ses omoplates. C'est un rebond. Il n'y a aucun geste volontaire.

G. I. : que répondez-vous à Rouen sur la pénalité non sifflée sur Rouleau, mais sifflée sur Thinel pour dureté et qui amène Rouen à jouer à 4 contre 4 et non à 5 contre 4 ?

J-C. B. : je réponds que ce sont les aléas du match. Dans un match, il arrive que l'arbitre voit un geste et pas un autre et essaie donc d'équilibrer au mieux le match pour ne léser aucune équipe.

G.I : dernier point de discorde : le dégagement interdit ?
J-C. B. : le premier juge de ligne signale le dégagement interdit. Le second annule un hors-jeu. Le premier pense que le second annule le dégagement interdit. Il y a alors mésentente entre les deux juges de ligne et pour ne vexer personne, l'engagement a lieu au milieu.
Tout ceci est un non événement et je trouve cette montée en sauce dommageable. Tout était réglé à la fin du match.

Propos recueillis par Glace Info (post publié 23/01/09 à 0:32)

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